Risque

Inondation

1. Le risque à La Réunion

Historique des événements

Retour sur un événement marquant : du 24 au 28 février

Du 24 au 28 février 2007, l’île de La Réunion est soumise à l’influence du cyclone Gamède. La pluviométrie enregistrée est très importante et à l’origine de nombreuses crues mais c’est essentiellement l’agitation marine concernant les côtes nord et nord-ouest de l’île et la destruction du pont de la rivière Saint-Étienne qui ont marqué les esprits.

Les hauteurs de la mer maximales enregistrées lors du passage de Gamède sont les plus fortes observées à La Réunion, sans équivalent observé depuis 50 ans. Ces inondations ont provoqué de nombreux dégâts, en particulier sur le littoral. Plus de 100 000 foyers furent privés d’électricité et d’eau. Le pont de la Rivière Saint-Etienne dans le sud de l’île fut détruit, paralysant fortement le retour à la normale dans cette partie de l’île. Les dégâts suite à cet événement se sont élevés à plusieurs millions d’euros.

Photo Littoral de La Réunion lors du passage du cyclone Gamède (Source : Agence France Presse).

Littoral de La Réunion lors du passage du cyclone Gamède (Source : Agence France Presse).

Tableau - Synthèse des inondations mémorable à La Réunion (Sources : EPRI, DEAL Réunion , Météo-France et addendum EPRI, 2018).

Synthèse des inondations mémorable à La Réunion (Sources : EPRI, DEAL Réunion , Météo-France et addendum EPRI, 2018).

Définition du risque

Une inondation est une submersion, rapide ou lente, d’une zone habituellement hors d’eau.

Le risque inondation est la conséquence de deux composantes : l’eau (qui peut sortir de son lit d’écoulement, de sa surface habituelle ou provenir directement de précipitations) et l’homme, qui s’installe à proximité de l’eau, pour y implanter constructions, équipements et activités. Il existe deux types d’inondations :

Les inondations terrestres

  • Les débordements directs de cours d’eau :

Par submersion de berges ou par le contournement d’embâcles naturels ou d’ouvrages anthropiques (ponts, barrages sous-dimensionnés, etc.). Ce phénomène concerne surtout les ravines non encaissées et les plaines côtières.

  • Les débordements indirects de cours d’eau :

Par remontée dans les réseaux d’assainissement, par remontée de nappes (ex : La Saline), la rupture d’un embâcle, d’une digue ou de tout autre ouvrage de protection.

  • Les stagnations de surface :

Par la stagnation d’eaux pluviales en surface en raison d’une capacité d’infiltration insuffisante, une vitesse de percolation * trop faible ou encore à une saturation en eau des sols.

* Percolation : Passage d’une substance à travers une matière absorbante.

  • Le ruissellement :

Par des phénomènes d’écoulement superficiel en dehors des cours d’eau. Des orages intenses peuvent être à l’origine d’un ruissellement important, saturant les capacités du réseau d’évacuation des eaux. À La Réunion, compte tenu du système hydrographique ce type de phénomène est particulièrement présent.

Les inondations côtières

  • La submersion marine :

Par la présence de facteurs maritimes anormaux (fortes houles, surcotes marines, tsunami). En plus des débordements causés par l’océan, ces phénomènes peuvent également entraver l’écoulement naturel des cours d’eau et en provoquer indirectement le débordement.

  • Le cas particulier de l’érosion littorale et du recul du trait de côte :

Le littoral se définit comme « l’espace situé à l’interface entre la mer et la terre ». À La Réunion, il s’étend sur l’ensemble des 250 kilomètres de pourtour de l’île et prend des formes différentes :

Tableau - Typologie des côtes sur le littoral réunionnais (Source : BRGM, 2004)

Typologie des côtes sur le littoral réunionnais (Source : BRGM, 2004)

L’érosion est avant tout un phénomène naturel. Les littoraux sont le résultat des actions de plusieurs agents et processus naturels :

  • la mer, responsable des vagues, des courants et de la marée. Ces éléments modèlent la côte (creusement au pied de falaises, transport du sable et des galets, bris des coraux).
  • la terre, caractérisée par l’exposition de la côte (plus une baie est profonde et plus elle est abritée) , la nature des roches (fragiles ou résistantes) et l’apport potentiel des sédiments par les rivières.
  • l’atmosphère, responsable du vent et de la pluie qui influencent et agissent sur la houle, les niveaux marins et le débit des rivières.
  • les organismes vivants, tels que les coraux ou la végétation littorale (végétation des falaises, des hauts de plage et cordons de galets) qui jouent un rôle de protection contre la mer mais parfois aussi dans l’alimentation en matériaux sédimentaires (sables coralliens).
  • l’homme, qui joue un rôle essentiel dans l’évolution du littoral avec l’implantation d’équipements en front de mer par la modification du couvert végétal perturbant la dynamique côtière et contribuant souvent à l’aggravation des phénomènes d’érosion des littoraux.

Hormis au sein des embouchures de cours d’eau, l’érosion affecte l’ensemble des types de côtes sur le littoral réunionnais :

Tableau - Bilan de l'érosion sur littoral réunionnais (Source : BRGM, 2004).

Bilan de l’érosion sur littoral réunionnais (Source : BRGM, 2004).

Les types d'inondations : débordement de cours d'eau et ruissellement (Source : risquesnaturels.re)

Les types d’inondations : débordement de cours d’eau et ruissellement (Source : risquesnaturels.re)

Le risque dans le département

L’origine des épisodes pluvieux importants relève d’une particularité : la grande majorité provient d’un cyclone ou d’une tempête tropicale. Ces événements de fortes pluies peuvent prendre une ampleur exceptionnelle à La Réunion. Ce développement particulier des cellules orageuses sur le département s’explique notamment en raison des effets de reliefs de l’île, entravant le déplacement des masses d’air instables. À ce titre, le département détient les records du monde de précipitations pour les périodes comprises entre 12 heures et 15 jours (1 144 mm en 12h et 6 083 mm en 15 jours).

Toutefois, des lames d’eaux très importantes peuvent être provoquées par le passage ou le blocage de systèmes beaucoup moins importants (amas orageux, lignes de convergence, etc.). À cette échelle, l’orage pourra tout de même provoquer en l’espace de quelques heures et sur une surface de quelques dizaines de kilomètres carrés, des précipitations très intenses susceptibles d’occasionner d’importantes perturbations localement.

Le risque de rupture de digues

Ouvrage longitudinal qui a pour fonction de faire obstacle à la circulation de l’eau, une digue peut se matérialiser sous la forme d’un ouvrage de protection fluviale ou contre les submersions marines, de canalisation des rivières ou de protection à l’embouchure de torrents.

Depuis 2015 et les articles R. 214-112 et R. 214-113 du Code de l’environnement, les digues sont réglementées et catégorisées en trois classes (A, B et C) selon un critère de hauteur de l’ouvrage et du nombre de personnes protégées par ce dernier.

À La Réunion, les structures et les dimensionnements (enrochements, canaux en « U » ou encore des épis permettant de recentrer les écoulements) sont adaptés à des crues soudaines et violentes de type torrentiel caractérisées par des vitesses élevées et par d’importants charriages de matériaux. Il n’existe aucun ouvrage de classe A, 7 ouvrages de classe B et 12 ouvrages de classe C.

Bien que ces systèmes d’endiguements aient des pathologies et des fragilités connues, à ce jour, aucune digue n’a fait l’objet de rupture à La Réunion.

La spécificité des houles et des phénomènes de « surcote marine »

À La Réunion, trois catégories de houles existent :

  • les houles d’alizés :

Généralement petites à modérées et de courte période, elles résultent de vents provenant de l’est et du sud-est. Elles affectent principalement les côtes nord, est et sud de l’île et épargnent habituellement la côte ouest ;

  • les houles cycloniques :

De taille beaucoup plus importantes, elles sont générées par les tempêtes et cyclones tropicaux. Ces houles concernent principalement les côtes nord et est de l’île. Des phénomènes de « surcote marine » associés au cyclone peuvent amplifier les dégâts occasionnés ;

  • les houles australes :

Généralement modérées à fortes, elles sont de grande longueur d’onde. Elles sont caractérisées par des périodes comprises entre 12 et 20 secondes et sont générées par les tempêtes de moyenne latitude (40ème et 50ème sud) et se propagent vers le nord-est sur de très longues distances. Elles n’affectent que les côtes ouest et sud de l’île et peuvent engendrer des dégâts comparables à ceux occasionnés par les houles cycloniques.

En termes de prévision pour les événements cycloniques et les houles australes pouvant occasionner inondations et submersions marines, les délais d’anticipation sont de l’ordre de quelques jours. Toutefois malgré cette anticipation, ces événements peuvent impliquer d’importants dégâts sur le plans :

  • humain : risque d’être isolé, emporté, blessé, noyé ;
  • matériel et économique : destruction des constructions (habitations, entreprises, infrastructures essentielles, réseaux de communication, etc.) et dégâts indirects (perte d’activité, chômage, etc.) ;
  • environnemental : pollution, érosion, destruction d’un habitat ou d’une formation naturelle, etc.
Carte de l'aléa inondation à La Réunion.

Carte de l’aléa inondation à La Réunion.

2. Les actions pour prévenir le risque

Les outils de surveillance et de prévention

Stratégie globale de prévention et de gestion du risque

En France, la prévention des inondations fait l’objet d’une Stratégie Nationale de Gestion des Risques d’Inondation (SNGRI). Elle correspond à la transposition à l’échelle nationale de la directive européenne 2007/60/CE, dite « directive Inondation » du 23 octobre 2007, cadre commun de gestion du risque inondation créé par la Commission européenne pour l’ensemble de ses pays membres. Élaborée de manière concertée, cette stratégie nationale est structurée autour de 3 principaux objectifs : augmenter la sécurité des populations exposées, réduire le coût des dommages liés aux inondations et diminuer les délais de retour à la normale des territoires sinistrés.

La réalisation d’études spécifiques sur l’aléa et les enjeux exposés (Évaluation Préliminaire des Risques d’Inondation – EPRI) permet d’identifier des Territoires à Risques importants d’Inondation (TRI), au sein de chaque district, notamment grâce à la cartographie de l’aléa inondation selon trois scénarios (événement fréquent / fréquence moyenne / fréquence exceptionnelle).

Le Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI) est la déclinaison de la stratégie nationale à l’échelle des bassins hydrographiques. Il s’agit d’un outil qui va définir les objectifs de travail, pour une période de 6 ans, dans le bassin hydrographique et particulièrement dans les Territoires à Risque important d’Inondation (TRI) qui auront été préalablement définis. L’île de La Réunion est un bassin hydrographique, il n’y a de ce fait qu’un seul PGRI.

Les 6 TRI du bassin hydrographique de La Réunion sont les zones urbanisées de : Saint-Denis/Sainte-Marie, Saint-André/Sainte-Suzanne, Saint-Benoît, Saint-Joseph, Saint-Pierre/Le Tampon, Etang-Saint-Paul/Saline-Ermitage. Au sein de ces territoires particuliers, la gestion des inondations fait l’objet d’une Stratégie Local de Gestion des Risques d’Inondation (SLGRI) dans laquelle des actions ciblées permettent de réduire la vulnérabilité des populations de ces zones à risques.

L’application de la SLGRI peut se matérialiser de façon opérationnelle, via des programmes d’actions liés à plusieurs champs de la prévention des inondations. Il s’agit des Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) *.

Réalisés à l’échelle du bassin de risque (généralement du bassin versant), ils sont portés par les collectivités territoriales. Ils sont structurés autour de 7 grands axes d’action liés à la gestion des inondations et impliquent l’ensemble des acteurs concernés (collectivités, élus, citoyens, scolaires, etc.). Localement, ils participent au développement d’une culture du risque.

À La Réunion, sept PAPI sont contractualisés depuis 2010 : PAPI Rivière Saint-Denis, PAPI Rivière des Pluies, PAPI Rivière des Marsouins, PAPI Rivière des Remparts, PAPI Rivière des Galets, PAPI Planèze Tampon/Saint-Pierre et PAPI Saline-Ermitage. Les PAPI Rivière Saint-Denis et Rivière des Marsouins sont considérés comme achevés. Six autres secteurs ont fait l’objet d’un PAPI d’intention en 2017-2018 : Étang-Salé, Saint-André/Sainte-Suzanne, Saint-Benoît, Saint-Paul, Saint-Denis et Saint-Joseph.

Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) : Outil de contractualisation entre l’État et les collectivités pour une période de 3 à 6 ans, le dispositif PAPI a pour objectif de promouvoir une gestion intégrée des risques d’inondations, à une échelle de gouvernance pertinente, celle du bassin de risque.

IMPORTANT

Pour plus d’informations sur le déploiement de la « Directive Inondation » à La Réunion : reunion.developpement-durable.gouv.fr

Les différentes stratégies de gestion des inondations.

Les différentes stratégies de gestion des inondations.

La connaissance du risque

À La Réunion, la connaissance du risque est principalement étudiée à trois niveaux, au travers des :

  • Plans de Prévention des Risques Inondation (PPRI) :

Conformément aux dispositions de l’article L. 562-1 du Code de l’environnement, les PPRI à La Réunion cartographient les zones soumises à un risque d’inondation ou de submersion marine et réglementent l’utilisation et l’occupation des sols sur ces zones.

Cette réglementation va de l’interdiction de construire à la possibilité de construire sous certaines conditions. Ils peuvent également prévoir la réalisation de travaux sur les bâtiments et infrastructures existants mais ce n’est pas le cas à La Réunion. Les PPR sont élaborés par les services de l’État en concertation avec les collectivités ; les autorisations d’urbanisme (permis de construire, déclarations préalables…) doivent s’y conformer.

Le croisement entre l’aléa et les enjeux indique que près de 125 000 personnes sont situées en zone inondable. Les premiers PPR en France ont été approuvés au début des années 2000 et ont été motivés pour l’essentiel par les risques d’inondation. Aujourd’hui seule la commune de Cilaos n’est pas couverte par un PPR approuvé traitant de l’aléa inondation. Les 23 autres communes du départements sont soit couvertes par un PPR multirisques (inondation + mouvement de terrain) soit par un PPRi (Saint-Philippe, Saint-André, Sainte-Rose et Bras-Panon). Les deux communes de Saint-André et Sainte-Rose ont d’ores et déjà un Porter À Connaissance (PAC) notifié pour l’élaboration d’un PPR multirisques.

En complément de ces démarches réglementaires, les citoyens doivent également entreprendre une véritable démarche personnelle, visant à s’informer sur les risques qui les menacent individuellement et sur les mesures à adopter. Il en va donc d’une réflexion autonome, visant à évaluer sa propre vulnérabilité et de mettre en place les dispositions pour la minimiser.

La prévision et la surveillance

La prévision des précipitations à La Réunion est sous la responsabilité de Météo-France. À l’aide d’un réseau pluviométrique précis constitué de 47 postes pluviométriques et des 2 radars hydrométéorologiques (Colorado et Piton Villers) et des résultats des modèles de prévision numérique, Météo-France produit et transmet les cartes de vigilances météorologiques.

La surveillance des crues par débordement de cours d’eau à La Réunion entre dans le cadre du dispositif de Vigilance Crues mis en oeuvre depuis 2013 par la Cellule de Veille Hydrologique (CVH) de la DEAL Réunion, sur 17 bassins versants à enjeux du département. Il s’appuie sur les données issues du réseau hydrométrique de la CVH constitué de 29 stations mesurant la hauteur d’eau et du réseau pluviométrique de Météo France.

Les données hydrométriques sont collectées et diffusées en temps réel sur le site internet de Vigicrues, les rendant ainsi accessibles à tout public.

  • Les Dispositif Spécifique ORSEC (DSO) – Vigicrues :

Vigilance et alerte sont deux procédures bien distinctes, l’alerte étant une phase complémentaire, mais non systématique de la mise en vigilance.

L’information de Vigilance Crues consiste, de façon cohérente avec le dispositif de la vigilance météorologique, à qualifier le niveau de vigilance requis, compte tenu des phénomènes observés ou attendus et des risques associés, par une échelle de couleur à quatre niveaux : vert, jaune, orange et rouge, en allant du niveau de risque le plus faible au plus élevé.

  • Vert : pas de vigilance particulière requise, mais soyez attentif aux évolutions météorologiques ;
  • Jaune : risque de crue génératrice de débordements et de dommages localisés, nécessitant une vigilance particulière notamment dans le cas d’activités exposées et/ou saisonnières. Débordement localisés, coupures ponctuelles de routes, maisons isolées touchées et perturbation des activités liées aux cours d’eau ;
  • Orange : risque de crue génératrice de débordements importants. Situation de crue constatée ou prévisible, susceptible d’avoir un impact significatif sur la vie collective et la sécurité des biens et des personnes. Circulation fortement perturbée, évacuations pouvant être nécessaires ;
  • Rouge : risque de crue exceptionnelle ou majeure. Situation de crue constatée ou prévisible, susceptible d’avoir des conséquences importantes sur la sécurité des personnes et des biens. Phénomène rare et catastrophique.

IMPORTANT

Seul le préfet est en mesure de décliner la vigilance en alerte, notamment lorsque l’importance de la crue pressentie justifie le déclenchement des mesures de sauvegarde et la mobilisation des moyens de secours.

La prise en compte du risque dans l’aménagement

La prise en compte du risque dans l’aménagement implique deux échelles d’intervention complémentaires. Elle regroupe un ensemble de mesures permettant d’agir sur l’aléa ou sur la réduction de la vulnérabilité des enjeux.

Les mesures de protection collectives

Entreprises par l’État, les collectivités territoriales ou leur groupement, elles permettent de limiter l’intensité de l’aléa par :

  • l’entretien et la restauration des cours d’eau ;
  • la création de bassins de rétention, la réalisation de travaux visant à améliorer la collecte des eaux pluviales, la préservation d’espaces perméables ou de Zones d’Expansion des Crues (ZEC), etc. ;
  • la construction d’ouvrages de protection tels que les digues, barrages écrêteurs de crues, ouvrages hydrauliques dérivant une partie des eaux de crues, etc.

Certaines mesures entreprises par les collectivités permettent également la réduction d’enjeux et de leur vulnérabilité en zones à risque, notamment par la maîtrise et la réglementation de l’urbanisation. Le Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) est l’outil réglementaire utilisé à cet effet.

  • Pour le phénomène d’érosion littorale :

Le Domaine Public Maritime (DPM) est défini à l’article L. 2111-4 du Code Général de la Propriété des Personnes Publiques (CGPPP). Il comprend le sol et le sous-sol de la mer entre la limite extérieure de la mer territoriale (12 miles marins) et, côté terre, le rivage de la mer. À La Réunion, cette bande est limitée par la zone dite des «50 pas géométriques» qui a été bornée en 1876. Le DPM est :

– inaliénable : il ne peut être transmis au profit d’une personne privée ;

– imprescriptible : il ne peut se voir déclassé par une occupation continue (contrairement aux règles du Code Civil).

L’État veille à la conservation du domaine public maritime et au maintien de son caractère naturel. À ce titre, il n’appartient pas à l’État, en tant que propriétaire du DPM, d’intervenir pour la protection des espaces vulnérables aux risques d’érosion. Ces ouvrages de protection peuvent relever de la compétence du particulier (loi du 16 septembre 1807), d’un groupement de particuliers ou des collectivités territoriales (si le projet présente un caractère d’intérêt général, voir article L.211-7 du Code de l’Environnement). À l’exception de l’État, la personne publique ou privée souhaitant intervenir sur le domaine public maritime doit faire une demande d’autorisation d’occupation du DPM, qu’il s’agisse de travaux à réaliser, d’aménagements ou d’interventions ponctuelles .

Suite au passage de la tempête Xynthia en 2010, une Stratégie Nationale de Gestion Intégrée du Trait de Côte (SNGITC) a été élaborée en France. Elle comprend des principes communs et des recommandations stratégiques en matière de gestion du trait de côte et plus largement du littoral.

À La Réunion, dans un contexte de pression anthropique croissante et d’augmentation des risques d’érosion côtière, le BRGM conduit depuis 2004 des études sur la morphodynamique des littoraux afin de mieux appréhender et suivre le phénomène d’érosion du littoral et de formuler des recommandations en matière de remédiation des sites sensibles. Le projet OBSCOT (Observation et Gestion de l’Érosion Côtière à La Réunion) assure le suivi de 23 sites répartis sur l’ensemble du littoral réunionnais, et représentatifs des différents faciès (cordons de galets, falaises, plages coralliennes et volcaniques). Sur la base de ces différentes connaissances, un guide de gestion du littoral de La Réunion a été élaboré par le BRGM en 2012.

Les mesures de protection individuelles

Ces dispositions s’appliquent en complément des mesures de protection collectives. En effet, les aménagements réalisés collectivement, calibrés pour un scénario d’aléa donné, ne permettent pas de protéger le territoire pour tous les scénarios d’inondation. De plus, le dysfonctionnement des ouvrages (rupture de digue par exemple) est également générateur de risque, dont les conséquences peuvent s’avérer autant dévastatrices.

Pour les constructions localisées en zone inondable, la protection individuelle reste la plus efficace. Elle fait référence à la mise en oeuvre d’un corpus de mesures structurelles, permettant de réduire la vulnérabilité des occupants et la sauvegarde du bien en cas d’inondation.

À noter que ces mesures peuvent être prescrites ou recommandées dans le cadre de PPRI ou simplement préconisées par les services de l’État. Dans certains cas, les propriétaires peuvent bénéficier de subventions au titre du Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM), également appelé « Fonds Barnier », pour la mise en oeuvre de ces mesures. Ce dispositif n’est actuellement pas disponible pour la Réunion.

Lorsque le danger est jugé trop important et qu’il n’est pas possible de garantir la sécurité des occupants par la mise en oeuvre de mesures structurelles et/ou organisationnelles, une procédure de relocalisation des biens peut également être envisagée au titre du FPRNM.

Selon l’article L. 215-14 du Code de l’environnement, le propriétaire riverain peut également être tenu d’effectuer un entretien régulier du cours d’eau. Cet entretien régulier a pour but de permettre le bon écoulement des eaux et de contribuer à son bon état écologique ou, le cas échéant, à son bon potentiel écologique, notamment par enlèvement des embâcles et des débris, élagage des rives, etc.

Où se renseigner ?

➔ Le site du Gouvernement :

➔ Le site de la Préfecture de La Réunion :

  • Le Dispositif Spécifique ORSEC – Vigilance crues et événements météorologiques dangereux : reunion.gouv.fr

➔ Les sites de Météo-France :

➔ Le site de Géorisques :

➔ Le site Risques Naturels :

Les communes concernées

Carte du risque inondation à La Réunion.

Picto Cyclone et tempêteLes consignes à respecter

Inondation

Avant
  • Repérer une zone sécurisée au-dessus des PHEC*
  • Installer les mesures de protection (batardeaux, occultations d’aérations, etc.)
  • Mettre hors d’eau les objets sensibles, de valeur et les produits dangereux
  • Couper les réseaux (gaz, électricité et eau)

* Plus Hautes Eaux Connues

Pendant
  • Monter à pied dans une zone hors d’eau
  • Ne pas descendre dans les souterrains ni utiliser les ascenseurs
  • Ne pas aller chercher les enfants à l’école
  • Limiter les déplacements en véhicule
  • Ne pas marcher ou s’engager dans les rues inondées
Après
  • Vider le surplus d’eau
  • Aérer et sécher la maison
  • Utiliser des gants pour nettoyer
  • Ne rétablir le courant électrique que si l’installation est sèche
  • Remettre en route les installations de chauffage dès que possible